Astrell et le gardien de la forêt

Prokofieva, Sofia

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Prix TTC
22,00 €
Éditeur : Éditions Novalis
ISBN : 2-910112-56-X
Auteur(e) : Prokofieva, Sofia
Pages : 167
Livre format 18 X 24
Autres infos : Pas d'illustration
Reliure Broché
Description

« À présent, entrons dans le conte ! Comment y arriver, c'est une chose bien connue », nous dit Sofia Prokofieva. « II suffit que tu dessines une clé à l'aide de la craie magique sur n'importe quelle porte. C'est tout. Et puis, il te faut ouvrir la porte et simplement avancer ... Et déjà, tu es dans le conte. »

Et c'est ainsi que le magicien Aliocha, accompagné de son inséparable matou Wassika, nous fait pénétrer dans le monde de l'imaginaire, de la magie. Appelé au secours par Astrell, la princesse du crépuscule, il va vivre des expériences terribles et intenses avec les deux frères magiciens : le magicien noir, Kargor, avec ses serpents de feu, le magicien blanc, Rengist, l'époux de Dojdirena, la souveraine de la pluie, mère d'Astrell. Jaloux, Kargor a jeté un sort sur son frère, appelé de ce fait « Rengist-sans-mémoire », qui a perdu la mémoire (en particulier des formules magiques), cette étincelle bleue que Kargor veut faire disparaître.

Ces images fortes baignent dans l'atmosphère, bienveillante et confiante en la vie, de l'humour, toujours présent, et d'une nature proche de l'homme.

Ce conte russe des temps modernes de Sofia Prokofieva pourra plaire à tous les enfants à partir de 8 ans et sans limite d'âge, car derrière les images se cachent une portée symbolique et une expérience de vie qui donnent à penser et touchent le coeur.

L'éditeur

 

EXTRAIT

CHAPITRE III

L'invocation prononcée par Rengist-sans-mémoire

Et le plus important: Astrell, la princesse du crépuscule

Astrell s'approcha de la fenêtre.

Le soleil, non plus d'or maintenant, ,mais d'un rouge pourpre, descendait pesamment derrière la forêt des cerfs. II touchait déjà la cime d'un grand épicéa, et cette cime pointue s'enfonçait, telle une flèche sombre, dans son milieu enflammé de rouge.

Comme amenées par le feu à un état de fusion, les bordures en bas des nuages brûlaient.

Astrell regarda en bas. Les larges marches de marbre de l'escalier du palais descendaient vers le jardin en formant un demi-cercle. Sur chaque marche se tenaient deux gardes, et il y en avait d'autres, derrière, près de la porte en fonte ornée de fioritures. Les gardes s'appuyaient sur leurs hallebardes et regardaient nonchalamment de tous côtés.

Le silence régnait. Le roi était parti à cheval à la chasse dans la forêt des cerfs. Les aboiements bruyants des chiens, les hennissements des chevaux, les ordres cinglants avaient fini de résonner. Avec le roi, les deux princes Igni et Tragni avaient également pris le galop, et derrière eux leur escorte, et les serviteurs, hautains et effrontés.

Le soleil s'était maintenant complètement couché derrière la forêt des cerfs. En un unique endroit seulement brillait un dernier faisceau de rayons, donnant l'impression d'écarter l'épais vêtement d'aiguilles d'un sapin centenaire à la ramure généreuse. Mais en bas s'étaient déjà assemblées des ombres profondes, sombres, et les fleurs des roses blanches et jaunes semblaient flotter dans le feuillage sombre.

«Voici mon heure... », pensa Astrell, et elle alla jusqu'au grand miroir.

Le verre lisse et froid refléta son visage pâle, ses grands yeux aussi limpides que l'eau d'une source, sa bouche délicate, ses longs cils, lourds et humides. Ses cheveux fins, d'un vert argenté, tombaient sur ses épaules étroites et se répandaient en mèches ondulées vers le bas.

Ses petits souliers brillaient d'un éclat mat, comme des gouttes de vif-argent.

Astrell soupira doucement, lorsqu'elle se vit dans le miroir. Son visage, sa robe argentée retenue par une étroite ceinture, tout devint plus sombre, tout fondit, comme se dissolvant dans l'air du soir. Alors deux points sombres émergèrent : les pupilles de ses yeux.

Depuis quelque temps déjà, Astrell avait aperçu une sorte de brume dans le miroir, à peine reconnaissable, se dissipant instantanément.

Un moment, il lui sembla que des fils transparents faits de gouttes de pluie étaient suspendus en l'air. Ou bien étaient-ce ses cheveux ? Mais cela aussi disparut.

Le vide la regardait dans le miroir. Astrell entrelaça étroitement ses doigts, comme toujours, et les pressa de toutes ses forces.

« Je suis ici. Je suis cela. Seulement, on ne me voit pas», chuchota-t-elle.

Elle posa sa main sur son coeur. Il battait vite et fort. Elle en percevait distinctement les battements sur la paume de sa main.

« Ne bats pas ainsi... », supplia Astrell. « On ne doit ni me voir ni m'entendre. » ...

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